Le 29/11/2011

L’art de la pêche

Les Montagnes du Jura abritent des rivières reconnues mondialement par les amateurs de pêche à la mouche. Rencontre avec Yves Faillenet, un guide qui a fait de sa passion, un métier.

pêche à la mouche

« Quand ça veut pas prendre, ça veut pas », s’amuse Yves.

De l’eau jusqu’aux genoux, il fait de longs mouvements avec sa canne à pêche, afin de lancer sa ligne vers sa cible. Le sifflement du fil se confond dans le ruissellement de la rivière de l’Ain. Pas du tout vexé, il cherche la bonne combinaison pour attraper ce poisson qui le nargue depuis 20 minutes.

« Je le vois bien s’approcher, mais il ne veut pas de ma mouche. Il y en a un autre qui gobe un peu plus bas, j’ai bien envie de l’essayer. A moins que je reste ici et change de mouche… »

La deuxième solution sera la bonne pour ce guide de pêche expérimenté, devenu après 30 ans de pratique, un expert reconnu dans toute la Franche-Comté. Trois minutes plus tard, il attrapera une jolie truite de 28 centimètres.

pêche à la mouche

Un jeu entre le poisson et l’homme

Yves Faillenet a débuté la pêche à l’âge de 6 ans, pour finir moniteur et guide de pêche en 1999. Installé près de la Loue, rivière mythique, reconnue mondialement par les spécialistes de pêche à la mouche, il amène ses élèves sur toutes les rivières de l’Ain et ses affluants : la Seille, la Bienne, le Doubs, le Lison, la Cuisance.

pêche à la mouche

« La pêche c’est un jeu entre le poisson et l’homme. Il faut être plus malin que lui, explique-t-il. Tout d’abord, ne pas se faire repérer, se fondre dans le décor. Et puis, savoir lire l’eau, connaître le comportement du poisson, interpréter ses caprices. Tenez ! Celui-là a refusé ma première mouche à cause de sa couleur. Cela dépend de la variété et la taille des insectes dont il a l’habitude de se nourrir. Et puis il y a la façon de lancer. Cela fait appel à un certain style et une esthétique. On provoque le poisson en déposant la mouche à un endroit précis. Il y a le choix du matériel, la taille de la soie. Tout a son importance. »

pêche à la mouche

Comprendre le monde aquatique

L’exercice de la pêche à la mouche apporte une grande satisfaction, d’autant plus par sa complexité. Sa pratique demande un grand investissement.

« C’est une recherche perpétuelle, afin de comprendre le monde aquatique. » Sa cible préférée, c’est la truite des eaux calcaires, très claire voir transparentes des Montagnes du Jura. « C’est un des poissons les plus méfiants, qui voit tout. Donc très difficile à attraper. »

En grand sportif, Yves pratique bien sûr en « no-kill », juste pour la beauté de l’acte. Le poisson est relâché aussitôt, afin de donner du fil à retordre à d’autres pêcheurs.

pêche à la mouche