Christian Delval – La Doye

Les Montagnes du Jura ne se résument pas en quelques phrases… J’y suis né, j’y vis, mes enfants aiment y vivre aussi, et cela fait mon bonheur. Je voyage beaucoup, dans tous les continents, mais c’est dans le Jura que je me sens bien. C’est une évidence, une adoption mutuelle.
Le Jura n’est pas pour ceux qui cherchent la montagne en conserve, aseptisée. Le froid est là, et pas toujours accompagné de belle neige fraîche. Il faut savoir s’occuper et surmonter les difficultés pour apprécier le coin ! Mais les rudesses jurassiennes ont aussi leurs charmes : se replier autour d’une fondue et de chants entre amis peut être un excellent moyen de rendre agréables les tourments d’une tempête de neige… Pour moi, la rigueur du temps ne se retrouve pas dans les caractères des habitants. Ce n’est pas le monde qui change la nature profonde des hommes, alors que l’inverse est sans doute vrai…
Autrefois, l’hiver jurassien donnait aux gens le temps de travailler sans se presser. C’est bien sûr fini aujourd’hui, mais ne pourrait-on pas retrouver l’idée, en été aussi d’ailleurs, de « prendre son temps », pour plus et mieux échanger avec autrui et cultiver l’amour de son prochain ?

















