Corinne Niogret – 32 ans – Le Petit Abergement
80 podiums mondiaux entre 1989 et 2004

Des beaux paysages, j’en ai croisé durant ma carrière, mais ceux dans lesquels je suis née… sont pour moi très particuliers ! Mes images remontent à l’enfance : le plateau de Retord l’hiver ; la vue sur les Alpes, sur le Salève, sur le Mont-Blanc, sur Nantua ; les plans d’Hotonnes ; le Poizat… Ici, rien n’est jamais monotone. Cette Nature à l’état pur, le fait de pouvoir apercevoir des chevreuils, des sangliers, des lapins, tout cela crée un sentiment de tranquillité et d’apaisement incroyable. Cette notion de Nature est bien réelle ici, ce n’est pas un cliché.
Je ne me verrais pas habiter en ville. Ici, dans les montagnes jurassiennes, je suis libre. Je souhaite y rester après ma carrière, car j’y suis intégrée. Je fais corps avec ces montagnes. Il existe une vraie culture des sports nordiques, une ambiance particulière règne autour de nos sports, un peu comme en Norvège. J’aime bien ces repères identitaires, cet état d’esprit très sain. C’est vrai que je suis connue ici, mais on me respecte. Les gens ont le respect de l’effort accompli. L’humilité est une notion assez partagée ici. Les échanges sont possibles et les rencontres sont spontanées, improvisées, enrichissantes. Ici, en ski de fond ou en VTT, on se croise ; on ne se tourne pas le dos comme en ski alpin…
En fait, si j’habite encore là, c’est parce que je le conçois tout naturellement. C’est ce que je ressens. Ce doit être ce qu’on appelle l’instinct.

















