Jeanne Docq – 52 ans – Hauterive-la-Fresse

Venant de Pontarlier, je suis Saugette depuis 11 ans, et je me suis fixée à Hauterive-la-Fresse dans une ancienne scierie. Depuis, je fais découvrir mon village et le Val Saugeais aux visiteurs. Et je pense que je finirai mes jours ici…
La ferme la plus proche de chez moi date de 1760, ça me permet d’expliquer la vie d’il y 200 ans dans la « République du Saugeais ».
Les villages d’ici sont à la fois ramassés autour de l’église, de la Mairie, de l’école et de la fromagerie ; mais aussi très étendus, avec de nombreux hameaux. C’est l’héritage laissé depuis le 12ème siècle par les « moines défricheurs », qui ont été longtemps les seuls à habiter la région. Ils défrichaient des petites portions de la forêt et s’installaient dans les clairières (les « fresses ») ainsi créées. Et puis ensuite, une population civile s’étant peu à peu installée, le pouvoir religieux local a cherché à maintenir cet habitat dispersé, afin d’éviter les regroupements de population et, on ne sait jamais !, les éventuels mouvements contestataires qui naissent de ces regroupements…
La ferme du Haut-Doubs traditionnelle est vaste, basse, en pierre, avec deux immenses pans de toit à pente faible (pour éviter que la neige s’accumule) et l’inévitable « tuyé ». Ce tuyé est la pièce qui servait à sécher les récoltes, à fumer et conserver la viande. Elle enfumait aussi les habitants de la ferme, heureux malgré tout de pouvoir profiter de la chaleur de la seule pièce chauffée de la maison ! Ces fermes, en fait, étaient surtout conçues pour résister au climat, et permettre à ses habitants de vivre de façon autonome, voire autarcique, pour éviter au maximum des déplacements à l’extérieur souvent périlleux en hiver.

















