Sophie Tissot – 26 ans – Centre nordique de La Vattay,
Station des Monts Jura
Accompagnatrice en moyenne montagne, monitrice de ski nordique, pratique le ski-joering et le traîneau ŕ chiens

J’ai toujours su que je vivrais avec la montagne jurassienne : à 11 ans, j’ai décidé que je serais accompagnatrice ! Mon père était paysan et moniteur de ski, alors j’ai passé toute mon enfance dehors : au ski l’hiver, aux foins l’été. J’ai aussi beaucoup d’affinité avec le bois, car mon grand-père était menuisier.
Je suis allée en Scandinavie, en Alaska, en Suisse, ailleurs en France, et… je reviens toujours dans le Jura ! Le Jura, c’est comme une grosse vague, toute en douceur, toute en sécurité… Il existe ici une diversité qu’on ne retrouve pas ailleurs. On passe d’une combe à une crête en quelques mètres, c’est vallonné… C’est l’idéal pour la raquette et le traîneau à chiens. Le profil du Jura est réellement « nordique », et il est vraiment opposé au profil « alpin ». Même les chiens s’éclatent ! Ils ont toujours quelque chose à découvrir derrière chaque sapin, c’est très ludique pour eux !
Je pratique toutes les activités hors-pistes, j’aime bien emmener les gens en-dehors des chemins connus. Je cherche des variantes, pour leur montrer des choses qu’ils ne verraient pas seuls. Et puis on force un peu les portes des habitations… Grâce à mes origines paysannes, on se met à discuter très vite ! Mais je respecte les interdits : je ne vais jamais dans la zone de biotope du Grand Tétras, ni dans la Réserve de la Haute-Chaîne du Jura. Les groupes sont limités, car une approche de qualité est impossible si on est plus de dix…
La raquette se pratique en forêt, donc dans le Jura ! Il y a tellement d’essences d’arbres différentes… et donc aussi une faune très diversifiée. On se retrouve souvent à quatre pattes sous un arbre à examiner des traces d’animaux !
Ces montagnes me correspondent et je leur corresponds. Ce matin, j’ai pris le petit –déjeuner dehors, face à la combe. J’ai pu voir un milan, une buse, un chevreuil. Et puis hier soir, une vache curieuse est venue regarder un peu trop près chez moi, je lui courais encore après à onze heures du soir !
C’est important d’être imprégnée par son pays, car les visiteurs sont très curieux, ils cherchent le contact, et si je ne peux pas répondre à toutes leurs questions, il seront déçus… Mon esprit est ouvert en permanence, il y a tant à savoir sur les montagnes jurassiennes…














