Les sites du Doubs
Aux sources du Doubs
De Chapelle des Bois à Mouthe, la haute vallée du Doubs ne force pas sa nature pour rivaliser avec le Canada.
C’est à Mouthe que la montagne du Risoux accouche du Doubs. La rivière prend l’air à 942 mètres d’altitude, jaillissant d’un siphon profond de 55 mètres. Lunatique et versatile dans sa première jeunesse comme tout au long de son parcours de 430 km, le Doubs a été baptisé « dubius » par Jules César, caractérisant ainsi son tempérament indécis. Les belvédères ainsi que le sentier d’interprétation de la source, balisés de tables thématiques, décrivent par le milieu environnant (forêts, tourbières, élevage…).
Défrichée par les moines il y a mille ans, la haute chaîne jurassienne caracolant entre 1000 et 1400 mètres d’altitude a conservé l’éclat et la fraîcheur de sa nature originelle. De vastes combes, des océans sylvestres, des alpages à perte de vue et des lacs glaciaires insufflent de l’oxygène à ce territoire distillant un inénarrable sentiment de liberté et de sérénité. Les belvédères dominant Chapelle-des-Bois donnent la pleine mesure de ce grand Nord jurassien. Ces grands espaces harmonieusement apprivoisés par une activité sylvico-pastorale douce laissent une large place à l’expression des sports verts et d’hiver.
Un sommet à la puissance 300
Panorama renversant que celui qui se déroule du sommet du mont d’Or tenant en respect plus de 300 sommets alpins.
Du haut de ses 1463 mètres, la montagne sommitale du département du Doubs – dont le nom évoque aussi un fromage non moins altier – ne baisse pas la garde face aux 4808 mètres du Mont Blanc qui la nargue. Cette vigie jurassienne, solidement campée sur sa muraille de Piquemiette, est bien escortée par sa garde suisse formée du Suchet, du Chasseron et de la Dent de Vaulion, se sent invulnérable autant que sa vue est imprenable. De ce superbe balcon, que l’on peut gravir en télésiège (au départ de Métabief) ou à pied, mais aussi atteindre en voiture via Les Longevilles-Mont-d’Or à la belle saison, on éprouve immanquablement un indicible sentiment de puissance. Les cimes mythiques de l’arc alpin tels que l’Aiguille du Midi, les Grandes Jorasses, les Drus, mais aussi la Jungfrau, le Mönch, l’Eiger et le Weisshorn semblent faire allégeance au seigneur du Jura.
Du mont d’Or à la vallée des deux lacs, les occasions d’observer une halte gourmande, culturelle ou artistique ne manquent pas : le retable baroque du maître-autel de l’église des Hôpitaux Neufs, l’émaillerie du mont d’Or, la fromagerie de Métabief, la cave d’affinage du fort Saint-Antoine et ses 65 000 meules de comté, le fabricant d’horloges comtoises Bernardet à Touillon-Loutelet, la fonderie de cloches Obertino et le Rucher des deux lacs à Labergement-Ste-Marie ou encore une promenade en locomotive à vapeur avec le Coni’fer, train touristique musardant entre prés et forêts, sans oublier les très belles gorges du Fourperet…
La vallée des deux lacs
Les lacs du Haut-Doubs sont une trace de plus du passé glaciaire des Montagnes du Jura. Autour de ces deux joyaux aquatiques, toutes les découvertes et toutes les activités sont possibles, bercées par le clapotis des eaux tour à tour bleues ou vertes.
C’est à l’œil que les lacs d’altitude de Saint-Point et Remoray réservent leurs premières émotions. Le chemin pédestre ceinturant le lac St-Point favorise un contact plus intimiste grâce aux huit tables d’interprétation en parcourant la petite et la grande histoire.
A Saint-Point, les plaisirs de la pêche sont à vivre rive gauche et en particulier à Port-Titi, le port emblématique du lac, d’où l’on largue les amarres pour une chasse mémorable au brochet ou au corégone, star des profondeurs. La navigation sans autre objectif que de chavirer de plaisir a plus d’une rame à son arc : voile, catamaran, barque, pédalo, canoë… Pour se jeter à l’eau ou se prélasser au soleil, les plages aménagées des Grangettes, Saint-Point, Malbuisson et Chaon sont idéales avec le complexe nautique de Malbuisson.
Offrant le gîte au peuple migrateur et à des plantes rares, servant de couvert à des papillons multicolores, protégeant les amours du lynx et assurant la quiétude au grand tétras, le lac de Remoray et sa forêt contigüe sont classés en Zone européenne de protection spéciale. Ce statut n’empêche pas d’épier ce beau monde à son insu depuis les postes d’observation aménagés à cet effet. La Maison de la réserve de Labergement-Ste-Marie organise des visites de découverte et constitue surtout un centre de documentation et d’animation très pédagogique pour tout savoir sur la faune et la flore du Haut-Doubs.
et Bassins du Doubs
Le Niagara français
En se fendant d’une chute de 27 mètres en aval de Vilers-le-Lac, le Doubs n’usurpe pas son appellation de « Niagara français », ce qui lui vaut au demeurant le label de Grand site national.
Deux compagnies de navigation proposent une croisière inoubliable de quatorze kilomètres pour approcher cette cataracte en voguant dans le saisissant canyon des bassins du Doubs. On peut également s’y rendre en calèches tirées par de robustes chevaux comtois ou à pied.
Ici la rivière délimite la frontière franco-suisse et poursuit sa course dans un bouillonnement d’écume après l’impressionnante chute. Le spectacle de la nature se contemple depuis deux belvédères, l’un à fleur d’eau et le second surplombant la chute. A moins que l’on ne préfère emprunter la passerelle qui mène au point de vue du côté suisse. Si l’on suit le mouvement de la rivière depuis un sentier balisé, on parvient au barrage du Châtelot dans un décor grandiose digne de forêts canadiennes.
Vallées de la Loue et du Lison
Quand un terroir engendre un peintre de génie du talent de Gustave Courbet, c’est pour le promeneur l’assurance de rencontrer la beauté à chaque pas.
La vallée de la Loue livre sans détour les marques naturelles qui signalent un terroir singulier. Les hommes ne s’y sont pas trompés, eux qui l’ont parsemée de cités de caractère, depuis Ornans et ses nobles demeures jusqu’aux majestueux villages de Lods et Mouthier-Hautepierre.
On peut la parcourir en remontant vers sa source, pour apprécier le déploiement de sa mise en scène minérale. On peut s’élever sur les routes qui gravissent ses flancs en direction des plateaux voisins, et goûter le contraste entre le spectacle vertigineux de ses escarpements et la douceur bucolique des pâturages. Car ici, la nature sait toutes les ruses de la beauté, tantôt grande dame fastueuse, tantôt charmeuse discrète ouvrant des chemins plus intimes. C’est ainsi que la vallée de la Brême joue la jeune fille timide mais nous conduit à la grotte de Plaisir Fontaine, tandis que sa grande sœur la Loue, plus impétueuse et mondaine, offre dans un jaillissement tectonique une source qui a inspiré «l’Origine du monde».
Gustave Courbet les a aimées toutes les deux. Il a aimé aussi les hommes qui ont accroché à leurs flancs, tels des bijoux accomplis, ces magnifiques villages dont les fraîches ruelles préservent la mémoire de siècles audacieux. Et la poésie des hommes se charge de saveurs encore plus goûteuses, lorsque la vigne regagne ses coteaux du côté de Vuillafans, lorsque des fermiers exigeants tiennent auberges et lorsque des truites se laissent saisir au gré de généreuses piscicultures.
Dans la belle vallée du Lison voisine, les amateurs de nature prendront du temps pour en admirer la source, une des plus belles exurgences de France à l’origine du classement des sites naturels au tout début du XXe siècle. Et ils pousseront jusqu’à ces curiosités géologiques que sont le Creux Billard et la Grotte Sarrazine.
Ici, tous les sens sont sollicités : ceux par lesquels on savoure, ceux par lesquels on chemine et ceux par lesquels on comprend.
La vallée du Doubs franco-suisse
De multiples, vertigineux et magnifiques belvédères d’un côté, la Suisse sur l’autre rive, la vallée du Doubs en aval du saut du Doubs révèle un caractère authentique, le dépaysement à portée de main et de regard.
Les Echelles de la Mort, en dépit de leur dénomination peu engageante, n’ont rien de sinistre. Adossées aux falaises escortant le Doubs franco-suisse, ces 3 échelles, d’une longueur de quinze mètres chacune, ont servi au fil des siècles d’ascenseur aux contrebandiers. Elles font office désormais de remonte-pente touristique pour les pêcheurs, les randonneurs et les amateurs de Via Ferrata. C’est le point de départ d’agréables excursions pédestres au fil du Doubs.
Goumois, « perle du Doubs franco-suisse », jouit d’une réputation internationale pour son parcours de pêche à la mouche et sa base de canoë-kayak. Village frontière, Goumois révèle son insolente beauté depuis la route de la corniche connectée au plateau de Maîche. Sur les cinquante-quatre kilomètres de rives classées en première catégorie, le Moulin du Plain est une étape halieutique mythique et obligée pour tout pêcheur à la mouche en quête de fabuleux trophées. La truite zébrée est évidemment l’icône du vallon de Goumois.






















